En 1946 l'Organisation mondiale de la santé (OMS) distinguait trois formes de prévention. La prévention primaire a pour objet d'empêcher l'apparition de la maladie. La prévention secondaire consiste à dépister la maladie. La prévention tertiaire a pour objet de surveiller les séquelles et les rechutes.
Cette définition dépasse le cadre sanitaire pour prendre en compte le quantum des facteurs susceptibles d'influer sur la santé et liés aux conditions de vie des hommes. La Mutualité s'en est inspirée pour tracer les grandes lignes de la politique.
Des actions nationales concernant tous les groupements affiliés à la Fédération nationale des Mutuelles françaises s'organisent.
Les mutuelles s'organisent pour la distribution d'affiches sur les thèmes de la prévention et du bon usage des médicaments.
Les mutuelles s'organisent pour L'organisation de stages de formation d'animateurs régionaux de prévention.
Les mutuelles s'organisent pour la distribution d'un guide d'éducation sanitaire.
Les mutuelles s'organisent pour la diffusion de l'ouvrage Choisir votre contraception du Dr David Elia, réédité par la Fédération Nationale des Mutuelles Françaises se trouve mis à la portée des adhérents à un prix réduit.
Les mutuelles s'organisent pour une exposition sur différents thèmes de prévention.
Les mutuelles s'organisent pour L'organisation d'une bourse d'échange de documents.
Les mutuelles s'organisent pour la mise en place d'actions d'éducation sanitaire et sociale en collaboration plus étroite avec le Comité français d'Éducation pour la santé.
Des actions sont mises en place dans quelques sites à titre expérimental.
a ) Maintien à domicile des personnes âgées : intervention d'une équipe pluridisciplinaire auprès des personnes âgées pour développer leur autonomie.
b) Prévention des maladies iatrogènes. Mise en place d'une campagne pour une meilleure, information sur les médicaments se fait dans le but de réduire le nombre et l'importance des accidents résultant des interactions médicamenteuses. Cette information s'adresse au public et de la façon au corps médical. Expérimentation dans l'Isère.
c) Dans le Finistère, soutien à domicile des handicapés.
d) Actions entreprises dans le cadre de Premutam.
e) Projets : la mise en place d'un dossier informatisé regroupant des informations sanitaires (provenant de la Sécurité sociale, de la médecine scolaire, du médecin traitant, du médecin du travail) et des informations à caractère social. Ce dossier confidentiel sera géré par un médecin ou un centre de soins. Il aura deux objectifs : servir de base à une recherche épidémiologique et fournir aux médecins des éléments de diagnostic. Cette expérience concernera une population mutualiste volontaire.
Des actions locales sont aidées par le Fonds de Prévention, 24 actions concernant 16 départements, de nature très variée : examens biologiques préventifs, centres d'accueil pour jeunes ou pour toxicomanes, prévention de la mort subite du nourrisson, dépistage des cancers, vaccination…
Le Congrès de Strasbourg en mai 1979 décide du principe de l'engagement de la Mutualité dans cette nouvelle voie.
Extrait de la résolution générale adoptée à Strasbourg
Considérant l'office de la Mutualité en matière de prévention, le Congrès enregistre la prise de conscience des mutuelles dans la réflexion et la coordination des actions à mener au titre de la prévention. Le congrès se prononce pour une politique de prévention globale sanitaire et sociale, prenant en compte le quantum des facteurs pouvant influer sur la santé ou le comportement de l'individu. Le congrès regrette que les efforts de prévention se heurtent au manque de financement, à certaines publicités, à l'impossibilité d'appréhender certaines catégories telles les personnes âgées, femmes au foyer, les immigrés et les isolés.
Le congrès souhaite le développement de la prévention par l'information, le développement de la recherche, la coordination des actions entreprises et la formation de centres de santé. Sont à ajouter la réalisation de bilans personnalisés, la prise en charge des actions de prévention,
le développement de la contraception, le maintien de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, la lutte contre le vieillissement par le maintien à domicile.
Le Congrès se prononce pour le développement de l'éducation et de l'information pour une vie plus saine et pour apprendre à s'aider et à résister au malheur.
Les assemblées générales de l'année 1980, préoccupées du problème du ticket modérateur d'ordre public, furent des assemblées de combat. La seconde, cependant, le 7 juin 1980 devait prendre quelques décisions conformes aux orientations du Congrès de Strasbourg, notamment en ce qui concerne la formation d'un laboratoire d'Innovations sociales et d'un Fonds de Prévention.
Des structures nouvelles. La réunion du comité exécutif de juin 1980 de la Fédération Nationale des Mutuelles françaises axe ses travaux sur ce nouveau terrain et décide :
A) Le lancement d'une enquête : inventaire de l'existant et office joué par les organismes des mutuelles en matière de prévention. Un questionnaire a été envoyé en septembre 1980 aux groupements pour connaître leurs projets et les actions déjà entreprises.
B) La formation d'une ‘Commission prévention '. Celle-ci tient sa première réunion le 30 septembre 1980. Elle a été composée d'administrateurs de la Fédération nationale des Mutuelles françaises, et a été chargée de faire des propositions d'intervention au conseil administratif.
C) La mise sur pied d'un ‘Laboratoire d'Innovations sociales ' (LIS), organisme de recherche où se retrouvent des personnalités connues pour leur compétence en matière sociale ou sanitaire. S'y retrouvent des administrateurs de la Fédération nationale des Mutuelles françaises et des hommes de terrain des mutuelles. Le LIS tient sa première réunion le 6 octobre 1980. Il a été chargé d'effectuer des études à caractère scientifique à partir des objectifs fixés par la Mutualité.
D) Le 29 septembre 1980, une convention a été signée par Maurice Derlin, président de la Caisse nationale d'Assurance Maladie des Travailleurs salariés (CNAM), et René Teulade, président de la Fédération nationale de la Mutualité. Cette convention prévoit la mise en œuvre conjointe d'actions de prévention.
Pour 1981-1982, les premières campagnes de prévention bucco-dentaire voient le jour ainsi qu'une campagne de vaccination antigrippe pour les personnes âgées de plus de soixante-quinze ans. En adoptant le projet ‘prévention l'assemblée générale de mai 1981 se dote d'un ‘Fonds de Prévention'. L'évaluation des moyens nécessaires à la réalisation de ces programmes aboutit à des sommes qui, ramenées aux chefs de famille, se chiffrent à une contribution de 4 F par an en 1982. Cette coopération alimente le fonds de prévention qui intervient dans le financement des actions programmées par la Fédération nationale des Mutuelles françaises et dans la coopération au financement des actions des unions et sociétés des mutuelles.
La Mutualité ne peut prétendre résoudre tous les besoins sanitaires et sociaux ni couvrir le territoire des œuvres et services des mutuelles. Nombreuses ont été les organisations, autres que des mutuelles, qui interviennent sur le terrain sanitaire et social : État, organismes sociaux, associations, collectivités locales.
La Mutualité doit rechercher les moyens d'associer son intervention à celle du secteur social à but non lucratif. Ces liaisons ont été parfois fragiles et les frontières des divers territoires difficiles à franchir.
Dans certains cas, il semble que l'on s'oriente vers une ‘mutualisation ' des associations gérant des œuvres sociales : récupération de la capacité créatrice dont font souvent preuve les mouvements associatifs en y adjoignant la rigueur de la gestion mutualiste. Les groupements de mutuelles ont été amenés à conduire une véritable politique de marketing social dont les critères d'intervention sont décrits ci-dessous.
La Mutualité n'avait le moindre désir de provoquer un bouleversement doctrinaire des conditions d'exercice de la médecine. La faible importance de ses œuvres est rapportée au quantum de l'équipement sanitaire du pays, leur formation a provoqué de vigoureuses réactions dans certains milieux professionnels.
La formation des pharmacies, cabinets dentaires et centres d'optique soulève le plus d'opposition. Un exemple : deux ans de démarches, une manifestation de rue ont été nécessaires pour l'autorisation du centre mutualiste de Saint-Chamond, autorisation partielle d'ailleurs puisque trois fauteuils dentaires sur quatre demandés ont été refusés.
Les œuvres sociales des mutuelles ont été ressenties comme une ‘concurrence ' par les libéraux.
Lé réseau des œuvres sociales des mutuelles profite à l'ensemble de la population. Le profit devient direct par l'accès, sauf en ce qui concerne les pharmacies, n'a été pas réservé aux seuls des mutuelles. Le bénéfice des œuvres sociales des mutuelles se fait de façon indirecte par un office de régulateur sur le marché de la santé. Faire respecter les tarifs conventionnels, la fourniture de prothèses à un coût sensiblement inférieur à celui pratiqué par les praticiens libéraux quand un cabinet dentaire mutualiste s'installe. Les chirurgiens proches ont été obligés d'en tenir compte pour leur tarification s'ils veulent conserver leur clientèle. Jouer un office de ‘modérateur' sur le marché de la santé a été une préoccupation constante des organismes des mutuelles.
On trouve la Mutualité des établissements modèles par leur valeur technique et l'attention apportée à l'accueil. Le Centre de réadaptation de Kerpape, le Centre médico-chirurgical de la Porte de Choisy ont été de remarquables réalisations. La Mutualité revendique un office de pionnier dans des domaines où des carences ont été réelles.
De nombreuses institutions revendiquent cette position dans les trois secteurs des vacances, des personnes âgées et des handicapés.
Afin de mener à son terme un crédit, un emprunteur doit veiller à la teneur de son assurance crédit. Une assurance crédit étudiée sérieusement renforcera la certitude d’un remboursement en toute tranquillité.
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